Un mot de six à dix lettres, six essais, la première lettre donnée d’office. Vous pouvez lancer une partie de Sutom ce matin sans sortir la carte bancaire ni créer de compte. Alors pourquoi certains paient-ils chaque mois une appli de mots ? Parce que « gratuit » ne veut pas dire « sans coût ». Je fais ici le même calcul que pour n’importe quel outil numérique : ce que vous payez en argent, en publicité, en données et en minutes.
Sutom en ligne est-il vraiment gratuit ?
Sur le principe, oui. D’après l’article que lui consacre Wikipédia, le jeu original est né le 8 janvier 2022. Jonathan Magano l’a codé en quelques heures, en direct sur sa chaîne Twitch. Il se joue dans un navigateur, sans inscription, et chaque jour il faut trouver un mot du dictionnaire français.
La mécanique tient en trois couleurs. Fond bleu, la lettre n’est pas dans le mot. Cercle jaune, elle y est mais pas à la bonne place. Cercle rouge, bonne lettre et bonne case. C’est Motus, le jeu télévisé, réadapté à la manière de Wordle pour le français.
Le piège est ailleurs. Le principe a été repris par une foule de sites de mini-jeux. Certains sont sobres. D’autres empilent bannières et vidéos avant même d’afficher la grille. Le jeu reste le même, mais c’est la page autour qui fait toute la différence de coût. Avant d’adopter une version, regardez trois choses : ce qui s’affiche avant la grille, ce qu’on vous demande d’accepter, et si une version « illimitée » vous pousse à rester.
Navigateur ou application, ce que chaque option vous demande
Le navigateur ne vous demande rien d’installer. Vous ouvrez un onglet, vous jouez, vous fermez. Aucune mise à jour, aucun espace pris sur le téléphone, aucune notification à 8 heures pour vous rappeler que la grille vous attend. Pour un jeu à une partie par jour, c’est le format le plus honnête.
L’application, elle, s’installe pour durer. Elle garde vos séries, vos statistiques, parfois vos amis. En échange, elle réclame des autorisations, vous envoie des rappels et occupe une place fixe sur votre écran d’accueil, ce qui est justement son but. Une appli de mots gratuite vit de deux sources : la publicité affichée entre les parties, ou l’abonnement qui la supprime.
Mon avis est net. Pour Sutom, je ne téléchargerais aucune appli tierce qui reprend le nom. Le jeu a été conçu pour le web et il y tourne très bien. Une appli qui l’emballe n’ajoute que des rappels et des écrans de pub.

Publicité, cookies et compte, les lignes que la gratuité ne montre pas
Un site de jeux gratuit se finance par son audience. En pratique, la première chose qui s’affiche est le bandeau de consentement aux cookies, avant même la grille. Ce bandeau, c’est votre facture. Si vous acceptez tout, vous autorisez des régies à suivre votre visite pour cibler les publicités. Si vous refusez, vous jouez exactement pareil, avec des annonces moins ciblées.
L’erreur classique, c’est de cliquer sur « Tout accepter » chaque matin par réflexe, parce que le bouton est plus gros. Prenez dix secondes la première fois pour trouver « Refuser » ou « Continuer sans accepter ». Votre navigateur garde ce choix en mémoire et le jeu ne change pas.
Le compte est la troisième ligne. Le Sutom d’origine n’en demande pas. Si une version exige une adresse e-mail pour garder vos statistiques, elle vous fait payer en données ce qu’elle ne vous facture pas en euros. Une série de victoires mérite-t-elle une inscription de plus dans un fichier marketing ? Pour moi, non.
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Le meilleur point de comparaison vient des États-Unis. Le New York Times vend un abonnement Games à 39,99 dollars par an, ou 4,25 dollars par mois en paiement mensuel, selon les tarifs publics relevés début octobre 2026. Wordle et le Mini Crossword restent gratuits sans abonnement. On paie pour tout le reste : la grille de mots croisés complète du jour, des archives de plus de 10 000 grilles, Spelling Bee, Strands et Letter Boxed.
La leçon vaut au-delà du New York Times. Un éditeur sérieux laisse gratuit le jeu qui attire le public et fait payer le reste du catalogue. Si vous ne jouez qu’au mot du jour, l’abonnement ne vous vise pas. Si vous enchaînez quatre ou cinq jeux chaque soir et que la pub vous coupe à chaque grille, le calcul change. Quatre dollars par mois pour ne plus voir de vidéo publicitaire entre deux mots, ça se défend.
Pour les applis de mots en français, une règle simple avant de payer : lisez la ligne « achats intégrés » sur la fiche de l’App Store ou de Google Play. Elle donne la vraie fourchette des abonnements, bien loin du « gratuit » écrit en gros. Vérifiez aussi si l’essai gratuit se change automatiquement en abonnement annuel. C’est là que la note grimpe sans prévenir.
Gratuit, freemium, abonnement : ce que vous payez vraiment
Jeu gratuit dans le navigateur
Argent : 0 €
Publicité : selon le site qui héberge le jeu
Données : les cookies acceptés, aucun compte
Temps : une grille par jour, six essais au plus
Appli gratuite avec publicité
Argent : 0 € affiché, achats intégrés en option
Publicité : entre les parties
Données : autorisations, souvent un compte
Temps : rappels et grilles sans fin
Abonnement (ex. NYT Games)
Argent : 39,99 $ par an ou 4,25 $ par mois (octobre 2026)
Publicité : aucune dans les jeux inclus
Données : compte et moyen de paiement
Temps : archives, plusieurs jeux chaque jour
Combien de minutes par jour avant que le jeu devienne un poste de dépense
Le temps, c’est la dépense que personne ne met dans son budget. Une partie de Sutom dure quelques minutes : six essais au plus, un mot, et c’est terminé. Le format quotidien est sa plus grande qualité, parce qu’il s’arrête tout seul.
Prenons cinq minutes par jour. Sur 365 jours, cela fait un peu plus de 30 heures par an. C’est raisonnable pour un jeu qui fait travailler le vocabulaire. Passez à vingt minutes parce qu’une version illimitée enchaîne les grilles, et vous dépassez 120 heures par an. Cela représente plus de trois semaines de travail à 35 heures.
Je me méfie justement des versions « illimitées ». Elles suppriment la limite qui faisait tout l’intérêt du jeu, et chaque grille en plus est une nouvelle page avec sa publicité. Un mot par jour, c’est un rituel. Cinquante, c’est une machine à pages vues.

Le saviez-vous ?
« Sutom », c’est « Motus » écrit à l’envers. Le jeu est sorti le 8 janvier 2022, et dès le 11 janvier CNews le présentait comme un Wordle français inspiré de Motus.
Sources : Wikipédia, article « Sutom », consulté le 5 octobre 2026 ; CNews, 11 janvier 2022.
Ce que je choisirais à votre place
Je jouerais à Sutom dans le navigateur, sans appli, et je refuserais les cookies publicitaires dès la première visite. Coût : zéro euro, cinq minutes par jour et aucune donnée personnelle laissée.
Je ne prendrais un abonnement que dans un seul cas : si je jouais tous les soirs à plusieurs jeux du même éditeur et que la publicité me gâchait la partie. Je comparerais alors le prix annuel au prix mensuel, et je mettrais un rappel dans mon agenda la veille de la fin de l’essai gratuit.
Avant de payer pour un jeu de mots, jouez une semaine à la version gratuite et notez ce qui vous gêne vraiment. Si c’est la pub, l’abonnement peut se discuter. Si c’est l’envie d’enchaîner les grilles, aucun abonnement ne règlera ce problème.
Questions fréquentes sur Sutom et les jeux de mots gratuits
Sutom est-il gratuit ?
Oui. Le jeu se joue dans un navigateur, sans inscription ni paiement. Sur certains sites qui l’hébergent, vous payez en publicité et en cookies : refusez ceux qui servent à la publicité dès la première visite.
Combien d’essais a-t-on à Sutom ?
Six essais pour trouver un mot de six à dix lettres. La première lettre est donnée dès le départ, et les couleurs (bleu, jaune, rouge) vous indiquent quelles lettres sont présentes et bien placées.
Quelle différence entre Sutom et Wordle ?
Sutom se joue en français, s’inspire du jeu télévisé Motus et donne la première lettre du mot. Wordle est en anglais et reste gratuit sur le site du New York Times, sans l’abonnement Games.
Faut-il une application pour jouer à Sutom ?
Non. Le jeu a été conçu pour le navigateur. Une appli qui reprend son nom ajoute surtout des notifications, des autorisations et de la publicité.
Sources
Wikipédia, article « Sutom » : date de sortie, créateur, règles et couleurs du jeu (consulté le 5 octobre 2026).
CNews, « Sutom : un Wordle français inspiré de Motus est disponible », 11 janvier 2022.
Connections Hint, guide des tarifs de l’abonnement NYT Games : prix annuel et mensuel, jeux gratuits et jeux inclus (relevé le 5 octobre 2026).
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