Pour une bonne partie des télétravailleurs, l’imprimante est facultative : un scan au téléphone et un passage occasionnel en boutique suffisent souvent. Si vous imprimez vraiment chez vous, c’est le volume qui tranche. En dessous d’une cinquantaine de pages par mois, un jet d’encre se défend ; au-delà, un laser monochrome revient moins cher au fil des mois et vous cause moins de tracas.
D’abord la vraie question : en faut-il seulement une ?
Avant de comparer les modèles, posez l’appareil sur la table mentale. Une imprimante, c’est un objet de plus dans l’atelier : de la place, un câble, un consommable qui se périme, un voyant qui clignote au mauvais moment. Elle ajoute de la friction là où le télétravail cherche du calme. Alors demandez-vous ce que vous imprimez, et à quelle cadence.

Beaucoup de gestes qui semblaient exiger du papier n’en réclament plus :
- Signer un document : une signature électronique ou l’application de votre téléphone remplace l’impression-signature-scan.
- Numériser un justificatif : l’appareil photo du smartphone, avec une application de scan, produit un PDF net et lisible.
- Lire un dossier long : une tablette ou un second écran évitent la pile de feuilles.
- Imprimer trois pages par trimestre : le point relais, la bibliothèque ou la boutique de reprographie du quartier font l’affaire, sans rien encombrer chez vous.
Vous avez en revanche de bonnes raisons d’en garder une si vous imprimez chaque semaine : bordereaux d’expédition, étiquettes, contrats à parapher à la main, documents administratifs à conserver, ou simplement l’habitude de relire sur papier. Dans ce cas, le choix se joue sur une ligne de partage assez nette.
Laser ou jet d’encre : le vrai clivage
On oppose souvent les deux technologies sur la qualité d’image. En télétravail, ce n’est presque jamais le sujet. Le clivage utile, c’est le coût dans la durée et le comportement quand l’appareil dort. Un jet d’encre projette de l’encre liquide ; un laser fixe une poudre (le toner) par la chaleur. Tout le reste découle de là.
Voici les repères de marché à garder en tête. Ce sont des ordres de grandeur relevés sur les gammes courantes destinées au particulier, pas des mesures maison : les écarts entre modèles sont réels, vérifiez toujours la fiche du vôtre avant d’acheter.
| Critère | Jet d’encre | Laser (monochrome) |
|---|---|---|
| Coût par page (texte noir) | ~ 5 à 15 centimes | ~ 2 à 5 centimes |
| Prix des consommables | Cartouches ~ 15 à 40 € l’unité, plusieurs couleurs à racheter, rendement modeste | Toner ~ 50 à 90 €, mais rendement souvent 1 500 à 3 000 pages |
| Volume mensuel adapté | Faible et occasionnel, surtout si couleur ou photo | Régulier et soutenu, essentiellement du texte |
| Encombrement et poids | Plus compact, plus léger (~ 4 à 6 kg) | Plus volumineux et plus lourd (~ 7 à 12 kg) |
| Comportement si peu utilisé | L’encre sèche, les buses se bouchent, un nettoyage consomme de l’encre | Le toner reste stable, l’appareil redémarre sans caprice après des semaines d’arrêt |
| Couleur et photo | Bonne à très bonne selon le modèle | Le monochrome ne fait que du noir ; la version couleur existe mais coûte plus cher |
Le seuil qui fait basculer vers le laser
La question revient toujours : à partir de combien de pages le laser devient-il le choix raisonnable ? En pratique, le basculement se situe autour de 50 pages par mois. C’est un repère, pas un couperet : selon les prix constatés et la part de couleur, on peut le placer entre 40 et 80 pages mensuelles.
- Moins de 50 pages/mois, en couleur ou en photo : un jet d’encre suffit, à condition de vous en servir un peu chaque semaine.
- Plus de 50 pages/mois, surtout du texte noir : le laser monochrome revient moins cher à la page et s’entretient mieux. C’est le choix par défaut du télétravail « papier régulier ».
- Très peu, quelques pages par mois : c’est le cas piège, détaillé plus bas.
Une nuance honnête : pour un gros volume en couleur, les imprimantes à réservoirs d’encre rechargeables abaissent nettement le coût par page par rapport aux cartouches classiques. Elles coûtent plus cher à l’achat mais changent le calcul si vous imprimez beaucoup et en couleur. À réserver aux besoins précis.
Le piège du jet d’encre qu’on n’utilise presque jamais
C’est l’erreur la plus fréquente, et je l’ai faite. On achète un petit jet d’encre « au cas où ». On l’oublie trois mois. Le jour où l’on en a besoin, les buses sont bouchées, l’impression sort rayée, et le cycle de nettoyage vide une cartouche qui coûte presque le prix de l’appareil. Pour un usage vraiment rare, le jet d’encre est le pire choix : l’encre sèche justement parce que vous ne l’utilisez pas.
Deux sorties possibles, sans surplomb :
- Assumer le très faible volume et ne pas avoir d’imprimante du tout : la boutique de reprographie coûtera moins, sur l’année, qu’une cartouche perdue.
- Si vous tenez à l’avoir sous la main, un petit laser monochrome encaisse les longues pauses sans broncher. Vous imprimez deux pages en janvier, cinq en avril, il repart sans réglage.
Où la poser, et ce qu’elle change dans l’atelier
Une imprimante n’a rien à faire sur le plan de travail. La profondeur de bureau conseillée est d’au moins 80 cm (repère NF EN 527-1, révision 2026-07 à confirmer sur votre matériel), et cette profondeur sert à respecter la distance œil-écran, pas à porter un appareil. Posez-la à côté : une étagère basse, un caisson, un meaubl d’appoint. Vous gardez la table pour le geste de travail, et vous préservez l’ancrage du poste. Le sujet est traité plus largement dans notre guide de l’ergonomie du poste en télétravail.
Deux points souvent négligés, qui pèsent sur le confort de la pièce :
- Le bruit. Un laser chauffe et fait tourner un mécanisme ; il est plus sonore qu’un jet d’encre au démarrage. Si votre atelier est aussi la pièce où vous téléphonez, éloignez-le du micro. Nos repères sur le niveau sonore d’un bureau aident à situer ce qui gêne vraiment.
- L’air. Les lasers émettent des particules fines pendant l’impression. Rien d’alarmant pour un usage domestique modéré, mais mieux vaut ne pas coller l’appareil contre votre visage et aérer après une longue série. C’est un argument de plus pour l’éloigner du plan de travail, dans la logique de notre page sur la qualité de l’air au bureau.
Enfin, une imprimante, c’est un câble d’alimentation et parfois un câble de données de plus derrière le meuble. Rien de dramatique, mais un fil qui traîne finit toujours par accrocher un pied. Un passage rapide par la gestion des câbles du bureau évite cette petite friction quotidienne.
En résumé, sans jargon
- Commencez par vérifier que vous en avez réellement besoin : beaucoup de gestes se passent désormais de papier.
- Comptez votre volume : au-delà de ~50 pages par mois, laser monochrome ; en dessous et en couleur, jet d’encre.
- Pour un usage rare, choisissez le laser ou renoncez à l’imprimante : le jet d’encre inutilisé se sabote lui-même.
- Posez l’appareil hors du plan de travail, à distance du micro et du visage.
Ce n’est pas un achat sur lequel s’agiter. Le bon choix est celui qui disparaît : il imprime quand vous le demandez, et se fait oublier le reste du temps. Vous pouvez souffler, et garder votre table pour travailler.
Questions fréquentes
Peut-on se passer totalement d'imprimante en télétravail ?
Souvent, oui. Signature électronique, scan par le téléphone et lecture sur écran couvrent la majorité des besoins de bureau. Pour les rares impressions, une boutique de reprographie ou une bibliothèque revient moins cher, sur l'année, qu'un appareil qui dort et dont le consommable se périme.
À partir de combien de pages par mois le laser devient-il plus intéressant ?
Autour de 50 pages par mois, surtout si vous imprimez du texte noir. C'est un repère, pas une règle stricte : selon les prix et la part de couleur, le basculement se situe entre 40 et 80 pages mensuelles. En dessous et en couleur, un jet d'encre suffit ; au-dessus, le laser monochrome coûte moins par page et s'entretient mieux.
Un laser pose-t-il un problème pour la qualité de l'air à la maison ?
Les lasers émettent des particules fines pendant l'impression. Pour un usage domestique modéré, ce n'est pas alarmant, mais mieux vaut ne pas coller l'appareil contre son visage, l'éloigner du plan de travail et aérer après une longue série d'impressions.